ART OF NOISE

Le groupe anglais Art of Noise est probablement le premier groupe de musique pop à avoir conçu une musique totalement réalisée par échantillonneur.

En 1983, Anne Dudley (claviériste), Gary Langan (ingénieur du son), J.J Jeczalik (programmateur), et Paul Morley (journaliste au New Musical Express) se réunissent autour du producteur Trevor Horn dans l'objectif de construire un nouveau groupe de musique pop – se rapprochant quelque peu esthétiquement de la musique techno – composée à partir d'un processus créateur original et nouveau, pour l'époque, basé essentiellement sur des collages de cellules mélodico-rythmiques, fondés sur la technologie d'échantillonneur numérique (sampler). Leur premier album sorti cette même année, Into Battle with the Art of Noise, remporte un véritable succès et annonce une suite riche en production.

Voici la discographie du groupe :


Albums

* 1983 : Into Battle with the Art of Noise
* 1984 : Who's Afraid of the Art of Noise ?
* 1985 : Daft
* 1986 : In Visible Silence
* 1987 : In No Sense? Nonsense!
* 1989 : Below the Waste
* 1990 : The Ambient Collection
* 1992 : The Best Of
* 1997 : The FON Mixes
* 1999 : The Seduction of Claude Debussy
* 2000 : Reduction

Singles

* 1983 : Beat Box
* 1983 : Moments In Love
* 1984 : Close (to the Edit)
* 1985 : Legs
* 1986 : Paranoimia featuring Max Headroom
* 1986 : Peter Gunn featuring Duane Eddy.
* 1986 : Legacy
* 1987 : Dragnet
* 1988 : Kiss avec Tom Jones (reprise de Prince)
* 1989 : Yebo ! featuring Mahlathini and Mahotella Queens
* 1998 : Dreaming In Colour
* 1999 : Metaforce" featuring Rakim

Après avoir subis quelques séparations et réconciliations professionnelles, Anne Dudley, Trevor Horn, Paul Morley et Lol Creme (chanteur, claviériste et guitariste) se retrouvent de 1998 à 2000 pour composer leurs derniers albums, The Seduction of Claude Debussy & Reduction, avant de participer à la création du DVD « spectacle musical » Into Vision, en 2002.

Le processus créateur


Similaire au principe de composition pseudo philosophique de Xavier Garcia – électroacousticien – Art of Noise utilise des sons déjà vécus pour les transformer et leur donner un tout autre sens esthétique et musical : « jouer la musique avant de la composer » . Pour mettre cette théorie en pratique, ils utilisent l'échantillonneur. Plus connu sous le nom de sampler, cet instrument de musique électronique est capable d'enregistrer, d'échantillonner des sons et de les rejouer à la hauteur voulue. Matérialisé sous forme d'un clavier électronique (du moins pour Art of Noise), chaque touche – ou combinaison de touches – de l'instrument correspond à une note, une nuance, un enchaînement, une technique de jeu ou un son extrêmement réaliste.

Peer Gunn


Durant les treize premières secondes de ce morceau, nous reconnaissons rapidement le générique de la série télévisée américaine Peer Gunn. Rien d'étonnant que d'écouter les basses à la guitare électrique et une boîte à rythme à la batterie.

Mais les trente secondes suivantes laissent pénétrer des sonorités de cuivres quelque peu modifiées par l'échantillonneur : le « ch½ur » conserve sa tessiture naturelle alors que celle du saxophone fluctue dans les aiguës jusqu'à deux octaves supérieures. De plus, l'attaque du son – du saxophone soliste – est modifiée, voire, dans certains cas, complètement supprimée.

S'enchaîne à cette période l'apparition d'une voix chantant des « dum dum dum » aux fréquences variables (la plupart descendantes) modifiées par l'échantillonneur. De multiples traitements électroniques de diverses sonorités d'orchestre, comme l'effet Phasing, se croisent et se combinent au profit d'un univers musical quelque peu rêveur, suscité par de nombreux effets d'écho sonore et de courbes ascendantes de fréquence.

La dernière partie du morceau, quant à elle, reprend des sonorités plus « classiques », fidèles à la version originale. C'est cette dernière qui fait prendre conscience aux auditeurs des années 1980 de l'apport enrichissant de l'électroacoustique aux pouvoirs sonores infinis au sein de la musique pop.

« No sky, no earthly view (...) ». Quel sens pour quelle musique ?


Les paroles d'Opus 4, de part leur signification et leur traitement musical, plongent l'auditeur dans un espace sans repère, et sans direction tonale. Cela étant, la métrique du verbe et le rythme régulier de la déclamation donne un sens au discours. « No Sun » – dans la première partie de la pièce – et « No shade », « No shine », résument l' « image » évoquée par le discours musical et structurent l'ensemble du morceau.

L'échantillonneur n'est pas un instrument comme les autres. Il n'est pas limité à être « producteur » de son. Il peut les modifier infiniment et les organiser de multiples façons. Il est, à la fois, générateur de son, « interprète », et peut accomplir, à lui « tout seul », les productions sonores de tout un ensemble vocal et/ou orchestral. Sans oublier le rôle fondateur du compositeur faisant le choix de son esthétique musicale qui lui est propre, l'échantillonneur – de part son potentiel technologique – semble bouleverser le rapport à la musique et au bruit.

Une musique révolutionnaire ?

Comme nous venons de le constater, l'échantillonneur semble pouvoir exploiter le moindre son-bruit à l'infini. « La musique a une vie sans fin. » . Paranoimia le démontre à merveille : chaque son (bruits, mots, notes) semble être remanié au profit d'un discours musical détourner de son sens esthétique initial.

Cela étant dit, Art of Noise n'est pas, bien évidemment, le premier à intégrer le son électroacoustique au sein de leur musique. Les synthétiseurs sont utilisés dans les enregistrements des Beattles (Here Comes the Sun), Klaus Schulze s'entoure de murs de machines dont le synthétiseur Moog modulaire. Ce dernier instrument présente déjà quelques caractéristiques similaires à ceux de l'échantillonneur : hauteur tonale de base ajustable, contrôle de fréquence (FM), Voltage Controled Amplifier (pour modifier l'enveloppe d'un son), Envelope Generator (permet de contrôler une l'amplitude par le réglage de l'attaque, la chute, l'entretien et l'extinction), White Sound Source (générateur de bruit blanc), etc.

Art of Noise, de part leur nom, se réfère à l'Art des Bruits, « Manifeste futuriste » rédigé par Luigi Russolo en 1913. « C'est au son des voix, au son des mots, au son des sons que nous nous intéressons réellement. » Mais cette intégration du bruit au sein du langage musical n'est pas nouvelle. Les bruits de la vie quotidienne et du paysage sonore de la société ne sont pas seulement exploités à partir du courant futuriste italien. Le bruit de la ville, et la parole sont des ingrédients musicaux essentiels, déjà à la Renaissance, incorporés au sein des chansons de Clément Janequin. Les cris de la poissonnière, dans La Marmite Infernale de Xavier Garcia, rappelle également la musique de film d'Astérix & Obélix contre Jules César lors de la scène des marchands de poissons se faisant concurrence ou, plus justement, Les Cris de Paris de Clément Janequin.

Mais ce qui semble être révolutionnaire chez ce groupe, ce n'est pas tant l'intégration du bruit au sein de la musique, mais la manière d'y procéder.

Tout d'abord, il est important de rappeler la réaction de nombreux artistes et intellectuels face à l'usage de plus en plus accru du bruit au sein des « musiques nouvelles ». Nous ressentons là une certaine « xénophobie du son inconnu ». « Le bruit [est] nuisible (noise en anglais) au discours musical voulu dans la société occidentale. Lors d'un concert, les musiciens sont volontairement éloignés des auditeurs, afin de minimiser la perception des bruits de jeu. [...] » .

Mais n'est-ce pas là le point sensible et culturel qu'a su renverser le groupe Art of Noise ? Rendre accessible le bruit, pour l'auditeur, au sein même de la musique.

En effet, la musique pop, est, comme son nom l'indique, populaire. Tout le monde peut y accéder. Alors que les bruitistes se font bouder du grand public, Art of Noise connaît un réel succès médiatique.

Au sein de son parcours, « le groupe s'est distingué en invitant des artistes aussi divers que Duane Eddy (guitariste), Max Headroom (image de synthèse), Tom Jones (crooner cinquantenaire) et les Mahotella Queens (groupe sud-africain) à chanter sur des compositions oscillant entre dance, ambient et musique contemporaine. » Mais leur musique, de par ce rapport équilibré entre bruit et musique, a su conserver ses auditeurs et séduire un large public.

Accéder aux nouvelles technologies et à la musique nouvelle, tel était le défi remporté par le groupe, tout aussi bien que par leur instrument de prédilection, l'échantillonneur. Un outil qui bouleverse encore l'accessibilité de l'instrument de musique par l'homme. Comme l'affirme encore Xavier Garcia, il n'est pas nécessaire de posséder de grandes capacités techniques pianistiques pour jouer sur un clavier échantillonneur. L'enregistrement multipiste, le séquenceur, et toutes les caractéristiques technologiques précédemment évoquées de l'échantillonneur, sont des outils qui rendent, eux aussi, accessible l'instrument de part l'exclusion de toute difficulté technique physique et/ou manuelle...

BIBLIOGRAPHIE


- http://www.music-story.com/the-art-of-noise/biographie, Loïc Picaud, mis à jour le 27/05/09.
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Art_of_Noise, mis à jour le 19/04/09.
- http://www.lastfm.fr/music/Art+of+Noise, Pierrick Roux, mis à jour le 20/01/08.
- http://aon.electriceye.net/, Louis A Bustamante, mis à jour le 15/02/06.
- http://homepage.ntlworld.com/sean.cranham/aon/1983.htm
- http://musique.fluctuat.net/art-of-noise.html, : Alexandre Boucherot, directeur de publication & Rita Carvalho, chef de la rubrique « Musique », mis à jour le 24/03/09.
- http://www.greatsong.net/PAROLES-ART-OF-NOISE,OPUS-4,100961299.html
- http://idecibel.tuxfamily.org/moog900/document.pdf, Franck Bellardie, publié le 16/01/07.
- Bertrand MERLIER, Bruit ou Musique ? « Essai de phénoménologie et de taxinomie », 2008.

Charly CHAMPMARTIN



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# Posté le dimanche 14 juin 2009 10:59
Modifié le dimanche 14 juin 2009 11:11

La femme et la musique, une relation fluctuante aux variantes sociales.

La femme et la musique, une relation fluctuante aux variantes sociales.
Une question d'actualité

« La place d'une femme est dans la cuisine, pas dans un orchestre symphonique » , affirme le célèbre chef d'orchestre Karajan. Y compris dans les sphères dites les plus cultivées, le sexisme règne encore. Comme l'écrit Marcello Sorce Keller : « Pour ce qui est des rôles, j'ai observé combien il est difficile pour une femme d'assumer, dans le domaine musical, le prestige (du compositeur) et le pouvoir (du chef d'orchestre) » . Les rapports qu'entretient la femme avec la musique sont quelque peu distincts de ceux des hommes. La question est d'en observer les faits et de les analyser sur les plans aussi bien musicologique que sociologique afin de mieux comprendre leur origine et leur persistance...

Sexualité et identité de genre


Quand une femme se livre au travail de la composition encore souvent réservé aux humains de sexe masculin, elle subit d'autant plus les critiques d'ordre sexiste que la plupart des compositeurs de ce monde. En effet, très peu d'articles de presse, d'ouvrages musicologiques, d'études autobiographiques – voire aucun – ne traitent des qualités sexuelles des compositeurs hommes au sein de leur propre processus créateur artistique. Mais une femme qui agite son cerveau, quelle audace ! Combien de fois Cécile Chaminade – tout comme Augusta Holmès d'ailleurs – a subi de nombreuses critiques directement liées à son appartenance « coupable » au genre féminin ! Sa musique etait jugée tantôt trop « féminine » tantôt trop « masculine ». Et si tel était le cas, si le féminin et le masculin existaient en musique, comment s'exprimeraient-ils ?

Les exemples se font multiples. Les hommes dirigent, les femmes exécutent, et encore, si on leur en donne l'occasion. Et quand elles en profitent, elles subissent à nouveaux les préjugés et les tâches qu'on leur incombe. Les femmes ayant des situations professionnelles, y compris élevées, dans le domaine musical, exercent pour la plupart d'entre elles des postes d'enseignantes en solfège, en chant ou piano. De plus, au sein de la culture eurasiatique, la pratique de la harpe se veut essentiellement féminine. Admirez ses courbes... Cette image de l'instrument suscitant – a priori – celle de « la femme » n'est pas la seule à témoigner de ces préjugés relevant purement du domaine psychologique et social. La guitare classique, aux formes courbées évoquant celles des corps de femmes serrées dans les bras de l'homme guitariste, est qualifiée d'instrument féminin, a contrario de la guitare électrique brandit par les rockeurs, en général, à la hauteur de leurs parties génitales.

La question est de cerner quelles sont les origines de ces discriminations sexuelles intégrées également dans le domaine musical.

La quête de sens sur les traces des traditions...

L'enquête ethnomusicologique permet d'explorer les traces des pratiques rituelles dans les cultures de tradition orale ainsi que leurs acteurs des deux sexes au rôle social distinct. « Au sein du théâtre Nô japonais, la scène est destinée essentiellement aux hommes, y compris pour incarner les rôles féminins » . Quant à la femme, elle se tient en arrière scène pour jouer des pièces pour koto. Cette distinction des genres entre les pratiques vocale et instrumentale apparaît également, parfois avec leurs fonctions inversées, dans de nombreuses provinces africaines et créoles traditionnelles, comme celle de Guadeloupe, par exemple, où les joueurs de gwoka sont exclusivement des hommes, tandis que les danseurs peuvent être des hommes, pour montrer leur capacité physique (chorégraphie souvent exagérément musclée), et essentiellement des femmes, pour montrer leurs courbes physiques ou parfois « provoquer » les hommes par des interpellations physiques quelque peu déhanchées...

Dans les sociétés rares les plus traditionnelles, échappant, de part « leur volonté », à l'ère industrielle, les distinctions des hommes et des femmes dans le domaine musical sont nombreuses. Les Aborigènes d'Australie, par exemple, pratiquent encore lors des cérémonies de mariage, la battue des femmes qui vont perdre très prochainement leur virginité. La femme supporte les – soi-disant – crimes que commet l'homme. Elle supporte les sonnailles accrochées à son corps nue et devient « musiqué » (Gilbert Rouget) lorsque les coups de bâton qui lui sont « offerts » par les hommes les atteignent.

L'image de la femme ici exposée est représentative du rapport qu'elle entretient avec la musique et est liée à son rapport à la société.

La quête de sens sur les traces de notre histoire...

Ce n'est pas comme si les femmes pratiquaient depuis très récemment la musique que nous pouvons expliquer le sexisme dont elles sont victimes, notamment en musique, y compris en Europe Occidentale. « L'iconographie musicale nous prouve que dès l'antiquité la femme jouait de la musique : harpe égyptienne (tombe de Nakt, vallée des Nobles à Kanak, vers 1500 av. J.C.) ; joueuse de lyre (fresque à Pompéi, 79 apr. J.C.); Joueuse de cithare (détail d'un sarcophage, IVe siècle ap. J .C., musée du Capitole à Rome) ; joueuse de vielle à cinq cordes (Florence, Sainte Marie Nouvelle, détail du "Temple de l'église militante" d'Andréa da Direnze, XIVe siècle); femme jouant de l'orgue portatif (XVe siècle, cathédrale Notre-Dame du Puy, France); femme jouant d'un orgue portatif posé sur un tabouret (début du XVIe siècle, art flamand). Un tableau du XVe siècle, "le Champion des dames" de Martin Lefranc, représente même neuf femmes donnant un concert et jouant de la flûte, du tambour, trompette, orgue portatif, chalemie, luth, flûte à bec et doulcemelle (variété de psaltérion). » .

L'explication se fera sur les champs social et historique. En effet, depuis la diffusion des théories créationnistes, l'image de la femme doit assumer un monde au regard masculin telle la cause du péché originelle (la faute commise par Eve) ou le salut de l'humanité (la maternité de la Vierge Marie). Ces deux stéréotypes vont, encore de nos jours, animer les cultures les plus sexistes jusqu'au modèle social le plus démocratique.

La naissance de la propriété privée à l'époque néolithique, en Mésopotamie, a sans nul doute changer considérablement la place de la femme au sein de la société et, par conséquent, son rapport et son accession à l'art. Pour reprendre les propos d'un documentaire d'Yves Coppens, archéologue historien, les chercheurs ont retrouvé beaucoup de squelettes préhistoriques de corps féminins enterrés auprès de multiples accessoires tels que des flûtes en os, des colliers de perles, et des sifflets. Tandis que les fouilles révélant les modes de vie du néolithique – et périodes historiques postérieures – indique une certaine masculinisation de l'objet artistique. Pourquoi ? Parce que dans les sociétés nomades, la femme représentait la survie du groupe, la reproduction était nécessaire, la femme était « la femme de tout le groupe » et passait moins de temps que les hommes à aller chasser. Elle avait donc le temps de se consacrer à la découverte d'un monde de la « transcendance » pénétré par les voix de la musique, du chant et du paysage céleste. Mais la découverte de l'agriculture sédentarisa les groupes humains et décupla les productions de céréales. Un événement qui bouleversa le modèle de société matriarcale. Le surplus de production servait de monnaie d'échange (le troc) et ainsi profitait à ceux possédant les moyens de production. Les hommes travaillant la terre se firent quelques gains et en profitèrent pour acquérir la possession de certains biens. Pour s'assurer de la conservation de ses biens, et de son héritage, la fidélité de la femme devint alors nécessaire. Le voile, l'obéissance au père puis au mari et la grossesse permanente remplacèrent la flûte et le pouvoir artistique de la femme.

Dans la société romaine, la femme n'a pas de statue juridique sous cause de sa « faiblesse d'esprit » (imbecillitas mentis) et ne possède pas la « puissance paternelle » (patria potestas). Elle est, d'abord et avant tout, un ventre (venter) qui donne un héritier à sa famille.

Jusque dans la société chrétienne, les femmes sont soumises et sont interdites d'accéder à certaines pratiques intellectuelles et artistiques. Elles sont interdites de chanter dans les églises, où l'on préfère, y compris dans les autres lieux de représentation, embaucher des castrats. La « bonne » femme est bonne. Les femmes les plus reconnues sont des saintes, des vierges ou des veuves qui ne remettent pas en cause le pouvoir phallique. Y compris pour le donneur de leçon aux idées « révolutionnaires », Jean-Jacques Rousseau, « plaire aux hommes, leur être utiles, se faire aimer et honorer d'eux, les élever jeunes, les soigner grands, les conseiller, les consoler, leur rendre la vie agréable et douce, voilà les devoirs des femmes dans tous les temps, et ce qu'on doit leur apprendre dès l'enfance » . Si cela était aussi naturel chez la femme que d'être soumise à ce point, pourquoi en écrire tout un chapitre et pourquoi lui rappeler sans cesse son incapacité à réfléchir et à « se taire dans les assemblées » (Saint Paul) ?

Quant à aujourd'hui, les femmes, au même titre que les hommes, se prolétarisent. Mais elles sont les prolétaires des prolétaires car encore trop victime de la ségrégation des droits et des salaires.

La science égalisatrice

Pour citer une phrase de Catherine Vidal affirmée à une de ses dernières conférences : « L'expérience forge ce qui bourdonne sous nos fronts. Un jeune garçon sera mis très tôt sur un terrain de foot. Il développera son sens de l'orientation spatial. Une petite fille habituée à rester à la maison dans une sphère consacrée à l'échange parlera plus vite. Dès sa prime enfance, l'être humain est inconsciemment imprégné d'un schéma identitaire auquel il doit se conformer pour être accepter par le groupe. ». Cette affirmation explique donc cette difficulté que les femmes subissent à approcher le milieu artistique, encore de nos jours, y compris dans les sphères bourgeoises.

« Que la lutte continue ! »

Ces rapports discriminatoires de la femme à la société et au domaine musical précédemment évoqué varient selon les époques et les rapports de force sociaux. En 1795, quelques années après la Révolution Française, les femmes peuvent enfin accéder à un enseignement de qualité au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Au 19e et 20e siècles, les combats sociaux ont bouleversé les conditions des femmes et leur place sociale, y compris dans le domaine artistique (était-il fréquent de côtoyer des femmes chef d'orchestre dans les années postérieures au mouvement féministe des années 1970 ?). La condition des femmes s'améliore considérablement quand des luttes sociales sont aux couleurs du jour. Alors lorsque sera remise en question notre société patriarcale, les femmes pourront accéder librement, tout comme les hommes, à la culture et à l'éducation. Espérons toutes et tous que cela se produira dans un futur proche...

Charly CHAMPMARTIN



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# Posté le mardi 02 juin 2009 05:29
Modifié le dimanche 14 juin 2009 11:12

Slam : poésie, musique et politique à la confluence de la conscience...

http://www.grandcorpsmalade.com/
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# Posté le vendredi 15 mai 2009 09:30

Kazuchi Ono nous a mis K.O

Kazuchi Ono nous a mis K.O
Un jeu de baguette fascinant, la musique passe avant tout, son corps tremble avec les mouvements du temps et vibre encore après leur mort... Kazuchi Ono est un chef d'orchestre à contempler. Un sourd pourrait y retrouver son ouïe au simple regard... La foule crie sa joie, applaudit son extase pour le remercier de son apport nous paraissant avec du recul comme indispensable. Mais sa main se lève face au public pour réclamer le silence. Deux secondes plus tard, le silence total plane, le chef parle : "Et maintenant, un autre morceau." Et venant de nulle part, sa main délicate lance comme par enchantement la Pavane de Fauré. Un spectacle d'une jeunesse extraordinaire...

"Serge Dorny, Directeur général de l'Opéra de Lyon, est venu voir plusieurs de mes spectacles. Nous nous sommes aperçus que nous avions une ambition commune : imaginer l'opéra du futur. Il n'y aura pas de futur pour l'opéra s'il appartient à un petit cercle. À Lyon, un quart du public a moins de 25 ans ! Je dirige beaucoup à l'étranger et chaque fois que je suis venu à Lyon, j'ai été frappé par la jeunesse et par la diversité du public de l'Opéra. Cela est assez rare dans les théâtres d'opéra internationaux.", Kazuchi ONO.

MSF
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# Posté le jeudi 30 avril 2009 05:45

Welcome

Sortie du film Welcome - La politique xénophobe du gouvernement sur grand écran
Le film Welcome de Philippe Lioret raconte l'histoire dramatique d'un jeune Kurde prêt à tout pour rejoindre sa fiancée à Londres, aidé par un maître-nageur.

Ce film montre la situation effroyable que vivent des centaines de réfugiés essayant, depuis Calais, de traverser le détroit de la Manche et l'aide humanitaire que des bénévoles tentent de leur apporter. C'est cela qui gène le gouvernement.

Aussi, suite aux déclarations du réalisateur et de l'acteur Vincent Lindon, exprimant leur colère contre les rafles dont ils ont été témoins et leur indignation sur l'existence de lois condamnant tout geste de solidarité, Éric Besson, le ministre de l'Immigration, prétendant que la loi n'est là que pour lutter contre les filières mafieuses, a déclaré : « Suggérer que la police française c'est la police de Vichy, que les Afghans sont traqués, qu'ils sont l'objet de rafles, etc., c'est insupportable. »

C'est pourtant là la vérité. Des compagnies de CRS traquent et raflent jour et nuit les immigrants qui se cachent dans les bois et les fourrés pour tenter de les renvoyer en Irak ou au Soudan. Des préfets interdisent l'organisation de tous services d'assistances, d'hygiène et de soins. Le nouveau code sur le séjour des étrangers, établi en 2005 reprend des ordonnances datant de 1945 et menace de punir dans son article L 622-1 : « d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 30 000 euros, toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d'un étranger en France ». Cet article vise précisément les personnes qui, par compassion, aident un exilé. Et contrairement à ce que soutient Besson, ce sont d'autres articles qui prévoient la répression des filières mafieuses.

Dernièrement, dans le Pas-de-Calais, trois personnes solidaires des exilés ont été arrêtées et interrogées par la police aux frontières sur commission rogatoire d'un juge d'instruction. L'une d'elles, près de Béthune, a été interpellée à son domicile, qui a été perquisitionné. Elle a été placée dix heures en garde à vue. La police lui a reproché de fournir de la nourriture et de recharger les téléphones portables d'une vingtaine d'Érythréens qui se cachent dans une forêt proche de son domicile.

Toujours dans le Pas-de-Calais, Jean-Claude Lenoir, de l'association Salam, de Calais, doit comparaître au tribunal de grande instance de Boulogne le 18 mars pour des prétendus outrages à l'encontre de CRS. Ces mesures et poursuites judiciaires visent à criminaliser et intimider les bénévoles qui aident des sans-papiers. Cette loi réprimant la solidarité a déjà été appliquée, en particulier envers des passagers d'avions protestant contre des expulsions forcées, les condamnant à de fortes amendes et des peines de prisons avec sursis.

Lors de sa prise de fonction au ministère de l'Immigration, Besson était venu dans le Calaisis pour affirmer qu'il y poursuivrait la chasse aux réfugiés, mais aussi pour recevoir les associations humanitaires, et de déclarer la main sur le c½ur : « Elles ont raison d'appeler l'attention des pouvoirs publics sur des situations individuelles dramatiques. »

Aussi, on comprend maintenant sa hargne. Il en veut aux auteurs de Welcome, car c'est sur grand écran, que ce film illustre ses mensonges et la politique xénophobe et inhumaine dont il est le représentant au gouvernement.
# Posté le dimanche 22 mars 2009 05:12
Modifié le dimanche 22 mars 2009 09:58